Deux secondes

Greil semblait intéressé par les capacités magiques de Kyuuji. Il lui donna rendez-vous pour lui parler d’une mission pour laquelle il requierrait son aide. Le chevalier lui exposa alors les tenants et aboutissants de cette mission. Il s’agissait de se rendre dans le Coerthas pour éliminer un officier de l’Empire surnommé Deux secondes. Cet officier opérait de loin, avec un prototype d’arme à feu de l’armée duquel il tirait son surnom. La puissance de tir était telle que le coup de feu était entendu deux secondes après être touché. Greil cherchait donc un mage capable de se protéger d’un tel tir. Un mage Ao ra, plus exactement. La particularité des cornes dans la perception des sons et de l’espace permettrait à Kyuuji de sentir le tir venir et d’y survivre grâce à ses protections magiques. En résumé, Kyuuji devait faire l’appât pendant que Greil éliminait Deux secondes. C’était une mission dangereuse, mais le Raen l’accepta. Sur place, la mission se déroula bien. Seulement alors qu’ils s’apprêtaient à rejoindre une blessée, le chevalier se fit tiré dessus par un soldat mourant. La réaction, la guérison et les propos de Greil laissaient Kyuuji perplexe, mais il lui promit de ne parler à personne de cette histoire. Ils ramenèrent la blessée, un soldat de Garlemald, à la Rêverie à la demande du chevalier, et contre l’avis du Raen. Mais Kyuuji se plia à la volonté de Greil et se proposa même pour aider la captive à se remettre de ses blessures.

Alors que Kyuuji se reposait, il se remémora sa mission avec Greil. Il s’était laissé emporter par sa rancœur contre l’Empire. Il était soulagé que le chevalier n’ait pas assisté à son accès de rage, mais ne se pardonnait pas d’avoir réagit aussi exagérément et contre ses principes. Il aurait pu s’agir de ses anciens compagnons. Il avait révélé une part obscure qu’il aurait voulu garder pour lui. Kyuuji se plongea dans une forme de mélancolie, déchiré entre le dégout qu’il éprouvait pour Garlemald et la peine qu’il ressentait pour les hommes forcés à rejoindre l’armée pour survivre. Ses anciens camarades, les Infortunés, lui revinrent à l’esprit. Ainsi qu’une pensée fugace à propos de Fin.

Cet épisode fit remonter le doute en Kyuuji. Avait-il rejoint le bon groupe ? Les érudits n’étaient-ils pas censés garder la tête froide ? Son comportement correspondait plutôt au groupe des conquérants… Et que faire pour rester lucide quand il serait de nouveau confronté aux Impériaux ?

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