Fin D’Arda, quand l’armure magitek tombe en panne

Kyuuji rêvassait à Gridania. Le Perchoir était comme une seconde maison. Ou bien était-ce devenu son véritable foyer ? La Rêverie et le Perchoir se disputaient la place de choix dans son cœur. Mais qu’importe l’ordre, il aimait ces deux endroits aux ambiances, aux mœurs et aux habitudes tellement différentes. Selon son humeur, il préférait l’un ou l’autre. Alors qu’importait l’ordre, il était ici chez lui. Les allés et venues des clients et des serveuses de la taverne formaient une étrange danse dont seuls les plus experts pouvaient espérer ne bousculer personne. Il n’était pas tard et pourtant, les danseurs étaient déjà nombreux. Kyuuji les observait en silence quand une voix connue s’exprima sur la perle. C’était tellement peu fréquent qu’il en sursauta. — Kyuuji… Vous m’entendez ? C’était Fin. Kyuuji porta la main à sa corne et effleura la perle pour l’activer. — Fin, bonjour. Je vous entends. — Non, on t’entend pas. Cette voix féminine était inconnue au Raen. Il décida de ne pas répondre, ne connaissant pas son interlocuteur, il ne savait pas comment réagir. Fin sembla ne pas en tenir compte non plus. — Ah… J’aurais besoin… d’un peu d’aide, s’il vous plaît… Évasif. Fin était décidemment souvent évasive. Kyuuji haussa les épaules. Au Perchoir parler tout seul ne paraissait pas étrange. La majorité des clients étaient des aventuriers et les réseaux de perles étaient monnaies courantes. — De l’aide ? Que puis-je faire pour vous ? Presque en même que le Raen, un homme prit la parole. Kyuuji reconnu la voix de Greil. — Qu’est-ce qui se passe ? — Pour ma part ça va être compliqué là tout de suite. La même voix féminine que précédemment. Kyuuji, qui n’avait pas beaucoup l’habitude des conversations par perle, fut envahi d’une soudaine appréhension. Entre les voix d’inconnus, l’absence de repères facials ou corporels, les discussions ne lui semblaient pas aisées. — En Coerthas occidental, continua Fin d’une voix hésitante. J’ai eu… un accident… L’appréhension du Raen se mua en inquiétude. Un accident ? Dans le Coerthas occidental ? — Tout va bien ? Dans quel coin ? S’ensuivit une courte hésitation, faisant grandir l’inquiétude de Kyuuji. Il s’efforça de garder son calme, le Coerthas occidental était bien trop grand pour pouvoir y chercher quelqu’un à l’aveuglette. — Vers la frontière… Avant-pays dravanien… La voix de Fin était entrecoupée. Le Raen espéra que ce ne fut pas à cause de son état. Kyuuji se levait déjà. Il déposa rapidement de quoi payer sa boisson et se dirigeait vers la sortie du Perchoir. L’avant-pays dravanien. Au nord-ouest du Nid du Faucon. Il lui faudrait s’y rendre par le réseau d’éthérite puis appeler son griffon. Comme réglé sur la même horloge, Kyuuji et Greil parlèrent au même instant. — Je me rends au Nid du Faucon, dit le premier, je pars à votre recherche. — Je viens te chercher, renchérit le second. Il secoua la tête. Il n’appréciait vraiment pas la perle. Il y avait trop de risque d’incorrections de la sorte sans les indices d’une conversation de vives voix. — Merci, répondit faiblement Fin. A peine Kyuuji était-il dehors qu’il se plongea dans les flux d’éthérites de transports et se dirigea vers Nid du Faucon à force de volonté. Ce mode de transport était très pratique, à condition de savoir où on allait et de s’être harmoniser avec l’éthérite de destination au préalable. Pratique mais perturbant. Et coûteux. Partir de Gridania et arriver quelques instants plus tard dans le Coerthas. Cela représentait un sacré saut géographique. Kyuuji fut assailli par le climat rude du Coerthas. Il enfila rapidement son manteau par-dessus sa chemise et appela son griffon. Le Raen survolait à basse altitude la région proche de la frontière avec l’avant-pays dravanien. Il commençait à s’alarmer, craignant de ne pas réussir à trouver Fin quand il aperçut deux silhouettes. En s’approchant il reconnu la petite Raen et Greil. Soulagé, il fit atterrir son griffon et sauta au sol. Bien que tous deux debout, Fin semblait faible et l’éther venait d’être manipulé. Apparemment, l’armure magiteck de la Raen était tombée en panne. À cette évocation, Kyuuji se souvint qu’elle avait vraisemblablement passé de longues années au service de l’armée de Garlemald. Il n’y avait rien d’étrange qu’elle possède sa propre armure magiteck. Et elle savait certainement mieux l’entretenir que lui-même. Greil possédait un oiseau magestueux, capable de transporter deux personnes, il fit donc monter Fin derriere lui et le trio rejoignit le Nid du Faucon. Plus rapide que la monture de Kyuuji, l’oiseau de Greil le distança rapidement. Heureusement que la journée n’était pas au brouillard ou à la tempête, le Raen n’aurait su retrouver son chemin si la visibilité avait été plus mauvaise. Bien qu’il les eût perdus de vue, Kyuuji ne força pas l’allure, il se doutait que Greil déposerait Fin dans un endroit où elle pourrait se réchauffer et se reposer. L’auberge du Nid du Faucon était l’endroit tout indiqué. En se posant lourdement sur la place de l’éthérite de transport du Nid, le griffon souleva une fine pellicule de neige. Kyuuji ne fut pas surprit de ne pas voir le destrier du guerrier. Il fit un signe de la main et le griffon s’envola et retourna vaquer à ses occupations. Comme il s’y attendait, Fin et Greil étaient à l’auberge, attablés en face du feu. Ils profitèrent de la chaleur du feu de cheminée pour discuter. Le climat, bien sûr, fut le sujet de conversation tout choisit. La gêne de la jeune femme était palpable, les deux hommes jouèrent d’anecdotes pour dédramatiser la situation. Cela sembla fonctionner, elle rit même à l’image d’un Kyuuji soignant ses coups de soleil dans le Thanalan. Fin finit par offrir un verre aux deux hommes et la conversation dériva sur la panne de son armure magiteck. La réparer ne lui poserait pas de problème, mais elle craignait de ne trouver facilement des pièces de rechange. Il y avait bien la manufacture d’Ishgard, mais ce n’était pas forcément une bonne idée pour une Raen. Greil proposa de prendre contact avec des ingénieurs à Mor Dhona. Cette idée sembla rebuter également Fin. Elle voulait éviter les réfugiés de Doma qui s’y étaient regroupés. Ce n’était pas étrange, aux vues de son passé dans l’armée de Garlemald, et Kyuuji ne fit aucun commentaire dessus en présence de Greil. Ce n’était pas à lui d’aborder ces sujets. Finalement, Geil proposa l’aide de la compagnie. Une certaine Lya pourrait aider Fin avec son armure magiteck. La Raen en fut soulagée et accepta son aide. Avec une solution pour son armure magiteck, Fin réorienta la conversation vers les réfugiés de Doma, demandant à Kyuuji pourquoi il n’avait pas prit contact avec eux. Le Raen esquiva maladroitement la question, prétextant qu’il n’en avait eux vent que récemment. Mais la raison était tout autre. Il refusait de se rendre au Glas des Revenant à cause de Venceslas. Le Hyurois s’y était exilé à la suite de leur dispute et il n’avait aucune envie de le voir ou de lui parler. Ils ne pouvaient pas non plus discuter des réfugiés de Doma sans parler de leur rébellion. Celle-ci avait été sanglante et les représailles avaient dues être terribles. A cette évocation, le Raen ressentit une vive douleur qu’il ne put dissimuler complètement. Il remarqua que Fin se crispa également sur son verre. Kyuuji se sentit obliger de tempérer un peu ces mauvaises nouvelles. Mais il n’y croyait qu’à moitié lui-même. Alors quand Fin se leva pour prendre l’air, il ne put lui en vouloir. Greil profita de ce moment pour retourner à ses occupations. Après son départ, Kyuuji prit un instant seul pour réfléchir. Il n’arrivait pas bien à cerner le guerrier. Il lui avait trouvé un certain manque de tact mais se refusait de le juger, ne sachant rien de lui. Kyuuji l’avait rencontré qu’en une occasion, pour récupérer la perle de la compagnie et l’accès à la Rêverie. Et ils n’avaient guère discuté. Puis il écarta mentalement le sujet, se rappelant que Fin était dehors, dans le froid et encore affaiblie. Kyuuji et Fin se retrouvèrent alors seuls à l’extérieur. La Raen semblait vouloir lui parler de l’armée et de sa famille. Mais elle était frigorifiée et ils se trouvaient à proximité d’un garde Ishgardais qui ne les regardait pas d’un très bon œil, autant ne pas attirer plus l’attention que nécessaire. Il lui proposa donc de retourner à l’intérieur pour en discuter plus discrètement. Ce qu’ils firent. Les deux Raens s’installèrent à une table leur offrant un peu d’intimité. Fin lui apprit que son père avait réussi à obtenir le statut de citoyen garlemaldais et que certains de ses privilèges lui avaient été transmis. Elle craignait certainement d’être jugée pour cela. Si Kyuuji comprenait bien, elle était considérée comme citoyenne et avait certainement réussi à obtenir un poste à responsabilités dans l’armée. Il supposait que seuls les officiers voyaient passer entre leurs mains les avis de désertions. Cette déclaration le bouleversa plus qu’il le pensait. Réveillant sa rancœur pour Garlemald, ses souvenirs douloureux de l’armée et l’étrange sentiment qu’elle n’était pas encore tout à fait honnête avec lui. Parler de sa famille la fit s’interroger sur celle de Kyuuji. Mais il n’avait pas de nouvelle depuis qu’il avait été enrôlé. Les deux Raens se présentèrent mutuellement des excuses. Elle pour avoir passé sous silence certaines choses, et lui pour avoir fait des suppositions erronées. Après cela, la conversation se fit plus légère, détendant un peu l’atmosphère. Ils parlèrent de son rôle de prêtre et de leur formation en magie. Kyuuji avait été formé par son père, un homme sévère mais toujours juste, qui avait menée sa formation à la baguette. C’était une tradition familiale, le rôle de grand prêtre du temple allant d’aîné en aîné à chaque génération. Ils discutèrent sur les traditions et les rizières un moment avant que la fatigue n’emporte Fin.

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