Gaëlle, première leçon

La première leçon d’élémentalisme de Gaëlle était prévue ce soir-là, deux soleils après la chasse. Kyuuji l’attendait au sous sol de la Rêverie, réaménagé en salon après les fêtes. Il y fut rejoint par un tout nouveau membre apparemment, Shellkios. Les deux hommes échangèrent quelques mots sur la compagnie et sur le passé du Miqo’te avant que Gaëlle ne descende à son tour.

Tous les deux se rendirent à la souche de la résurrection, un lieux que Kyuuji appréciait particulièrement pour son calme, son côté isolé et sa spiritualité. Ils s’assirent sur la souche mais avant de commencer la leçon, le Raen revint sur la chasse qui l’avait tant troublé. Il avait été mort d’inquiétude pour Gaëlle, il insista sur le faite qu’elle devait prendre soin d’elle avant les autres. Mais devant les arguments de la jeune femme, ceux-là même qu’il défendait, il ne put se résoudre à la sermonner. Cependant, il se résigna à lui faire promettre une chose. Qu’elle veille à toujours se laisser une chance de s’en sortir, quoi qu’il arrive. Le sens du sacrifice est une valeur noble, mais Kyuuji voulait s’assurer que si elle devait se mettre en danger pour quelqu’un d’autre, qu’elle ne le fasse pas en sachant qu’elle n’y réchapperait pas.

Honteux de cette demande, le Raen avait baisser la tête, un fin filet d’éther vint lui faire relever le menton. Gaëlle, d’une voix très douce et sincère, lui répondit qu’elle le lui promettrait à l’unique condition qu’il lui fasse la même promesse. D’abord surpris par ce nouveau contact éthéré, Kyuuji sentit l’affection qu’elle lui portait, il releva la tête et accepta. Ils se promirent mutuellement de toujours veiller à se laisser une chance de s’en sortir.

Portée par l’émotion, Gaëlle créa un papillon d’éther persistant d’un geste de la main. Elle souffla doucement dessus et celui-ci s’envola vers le Raen. Le papillon effleura alors la commissure de ses lèvres, comme un doux et timide baiser, avant de se poser sur son épaule. Gaëlle, en réalisant son geste, s’en excusa, embarrassée. S’il avait été surpris du premier contact de Gaëlle, ce n’était rien comparé à celui-là.

Un contact éthéré était une chose, un baiser indirecte par un papillon d’éther en était une autre. Se passant un doigt là où le petit papillon l’avait effleuré, Kyuuji réalisa ce qui venait de se passer et rougit comme jamais jusque-là. Puis, la fascination s’empara de lui. L’être éthéré était venu se poser sur son épaule puis sur sa main lorsqu’il l’avait approchée, et ne semblait pas prêt à se dissiper. Non seulement le papillon était persistant mais il était également autonome, il avait sa propre conscience. C’était une bien belle chose que Gaëlle venait de créer là. Mais une autre pensée traversait en même temps l’esprit du Raen. Indirectement certes, mais Gaëlle lui avait clairement transmis ses sentiments et son envie de l’embrasser. Elle y était même parvenue, contournant adroitement sa phobie en le faisant par les voies éthériques. Elle n’était décidément pas comme les autres… Il faudrait qu’elle lui apprenne à faire cela.

À regret, la raison de leur présence à la souche de la résurrection se rappela à Kyuuji, ils avaient une leçon de magie blanche à suivre. Il ramena donc le sujet là-dessus en demandant à Gaëlle de lui apprendre à faire cela a l’occasion puis ils débutèrent avec l’élément vent. La jeune femme, sous les conseils de Kyuuji, devait se réapproprier les sensations de la maîtrise de cet élément. Elle y parvint rapidement, comme se doutait le Raen. En peu de temps elle réussit à lui imprimer sa volonté, forçant le vent à danser comme elle l’entendait.

C’était largement suffisant pour une première leçon alors Gaëlle le remercia, espérant un jour pouvoir lui rendre la pareil. Sur ces mots, Kyuuji évoqua les savoirs certainement perdus depuis la guerre de la magie et les souvenirs contenus dans les cristaux de mage blanc. Outre la perte de certaines connaissances perdues, il était possible que les prédécesseurs aient modifié ou enrichi les souvenirs. Gaëlle lui assura qu’elle lui apprendrai tout ce qu’elle pourrai, une fois sa mémoire revenue. Ce n’était pas ce qu’il voulait dire, il l’enjoignit à le prévenir si elle se sentait en désaccord.

Le sujet dériva de nouveau, Gaëlle craignait le jour où Kyuuji rentrerait en Othard. Il la rassura en lui disant que ce n’était pas possible. Il n’était probablement plus recherché mais il n’y avait plus sa place. Et il préférait garder espoir plutôt que découvrir des horreurs concernant son clan, son village et sa famille. C’était désormais Eorzéa chez lui. Puis la jeune femme évoqua l’une des traditions dont il lui avait déjà parler. Le fait d’épouser la femme que son père aurait choisi pour lui. Gêné, Kyuuji lui expliqua que c’était sa façon de dire qu’il n’avait jamais rêver d’amour et qu’il s’était fait à cette idée. Il lui faudrait certainement du temps pour voir les choses différemment.

Tant qu’ils étaient dans les confessions embarrassantes, le Raen interrogera Gaëlle sur des principes qu’elle avait évoqué sans pouvoir en parler. Elle avait une vision particulière des relations. Différenciant l’amour spirituel et l’amour physique, elle estimait que le premier était la base de tout, platonique mais n’empêchait pas les gestes d’affection. Tandis que l’amour charnel était pour elle complémentaire mais pas une obligation. Il resserre les liens mais peut être pervers et il mérite donc d’être aborder avec prudence. D’autant que Gaëlle accorde beaucoup d’importance à l’amour spirituel et estime ne s’accorder à l’amour charnel qu’avec la conviction d’avoir trouver la bonne personne. Kyuuji n’avait jamais vu les choses sous cet angle mais il y adhérait.

Enfin, les deux amis rentrèrent à la villa, bien tardivement. Alors que Gaëlle retournait dans sa chambre, le papillon d’éther vint à nouveau effleurer la joue du Raen, lui tirant un léger sourire et un peu de rose aux joues.

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