Opale

Opale. Une association humanitaire se cachait désormais derrière ce nom. Elle avait vu le jour suite à un mandat anodin. Kyuuji et Eav, bien que très occupés, travaillaient toujours en tant qu’aventuriers pour subvenir à leurs besoins. Ils avaient accepté un mandat d’escorte, faisant bien attention aux missions qu’ils acceptaient afin de respecter leurs convictions, leurs aspirations et leurs croyances respectives. Ils évitaient naturellement nombre de missions proposées aux aventuriers, celles d’escortes étaient de celles qu’ils s’autorisaient facilement. Cette fois-ci, le chemin traversant plusieurs territoires hostiles, Kyuuji avait demandé de l’aide à un autre aventurier, un certain Arei Tharn s’était présenté. Une chance pour Opale.

De ce mandat anodin naquit l’association à l’initiative de Sasaqi Saqi, la fondatrice. Cette femme d’affaire Uldienne était, contre toutes attentes, altruiste et réformatrice. Elle souhaitait investir ses bénéfices dans l’association afin d’aider les victimes. Les victimes des guerres, des catastrophes naturelles, les réfugiés, les orphelins, etc., tout en cassant le circuit fermé de l’économie uldienne. Elle était heureuse que son argent serve à ceux qui en avaient besoin, faisant ainsi sortir des richesses de l’économie sans contrepartie.

Rapidement, les co-fondateurs, Arei, Eavan et Kyuuji, établirent une base pour l’organisation de l’association puis commencèrent à s’y investir. La première mission de l’association naissante était de fournir des provisions et des médicaments au village de la tribu des M, récemment libérée de l’occupation Garlemaldaise, dans les Marges. Kyuuji, grâce à Venceslas, avait réussi à se procurer des laissés passer pour les trois co-fondateurs, Sasaqi Saqi avait fait savoir qu’elle ne pouvait pas se déplacer si loin et si longtemps de ses affaires. Son rôle n’était pas sur le terrain, elle s’occupait de fournir les fonds à l’association. Cette première mission se déroula sans trop d’accroc, une des filles du Nunh, Llenia, souhaita rejoindre l’association. Ses raisons parurent légères pour le Raen, mais il laissa Sasaqi Saqi en juger.

La deuxième mission pour Opale consistait en un ravitaillement de matériel pour un village Domien. Seulement Kyuuji ne pouvait pas se rendre en Othard. L’armée et se faire passer pour mort étaient déjà deux raisons suffisantes mais il en avait d’autres. Plus intimes, plus personnelles. Il ne pouvait prendre le risque le poser le pied sur le continent Othard. Arei, Llenia et Eav se rendirent donc sur place. Kyuuji resta quant à lui caché dans le village des Kojins, sous la mer de Rubis, la dernière limite qu’il s’autorisait. Ce fut une véritable épreuve pour le Raen que de laisser sa jeune épouse arpenter des terres hostiles sans lui. Mort d’inquiétude, il se concentra sur Sui, le petit griffon d’éther qui accompagnait Eav, et Ean, toujours en lien avec l’éther de la Hyure.

Kyuuji était mort d’inquiétude pour sa jeune épouse. Il avait ressenti les ardeurs d’un combat et la colère de Sui. L’inquiétude le rongeait, à s’en faire des ulcères, quand Eav et Arei vinrent le rejoindre à Tamamizu, une fois le ravitaillement effectué. Ils lui racontèrent brièvement que le convoi s’était fait attaquer par des tigres.

Après cette deuxième mission, Sasaqi Saqi contacta finalement les membres de l’association par la perle. Elle avait enfin trouvé un local et, désireuse de leur faire la surprise, l’avait fait meubler selon ce qui était convenu. Les co-fondateurs et Llenia se retrouvèrent donc à la Coupe devant une petite maison réaménagée en local. Bien que ce ne fut pas du tout là où ils espéraient, le fait que la maison soit au bord du ravin de la Coupe, avec un appontement et un petit quai pour aéronef laissait de bons espoirs quant à l’autonomie et la mobilité de l’association lorsqu’elle pourrait s’offrir un tel engin.

Avec une adresse officielle et une organisation interne cohérente, Opale pouvait désormais exister réellement. Sasaqi Saqi avait donc commencé à laisser les bruits courir, sans pour autant dire ouvertement qu’elle en était la fondatrice.

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