Révélation

Après un passage difficile, et de nombreux textes manquants, l’écriture me revient. Je doute de compléter un jour le trou entre celui-ci et les précédents. Toutes mes excuses.

Ce jour-là, Kyuuji décida de prendre son courage à deux mains pour rendre visite à Ogai. Il demanda à Chikiko de prévenir le dyslexique pour qu’il les attende à l’annexe d’Opale. Inquiet, soucieux et pas rassuré pour deux sous, Kyuuji demanda à sa douce si elle souhaitait l’accompagner. Eavan répondit bien évidemment de façon positive à sa demande.

Arrivés à l’annexe, Kyuuji ressemblait à ce Gyuki liquéfié, pourtant une volonté l’anime, comme c’est le cas depuis les dernières discussions avec Ume notamment.

Le couple monta et entra dans l’annexe. Chikiko les accueillit comme à son habitude, puis elle se fit discrète et disparut derrière les paravents. Ils saluèrent Ogai et s’installèrent tous les trois autour de la table basse.

Installé, le dos bien droit et rigide comme toujours, Ogai regardait alternativement Eavan et Kyuuji.

— La temoiselle m’a dit que vous douliez me voir ?

Le Raen déglutit et opina.

— J’ai quelque chose à vous dire… et je pense qu’en parler de vive voix… est plus convenable.

— Je vous écoude ?

Après une seconde d’hésitation tendue, Kyuuji baissa les yeux et se tripotait les doigts en tremblant.

— Mon nom n’est pas Gyuki… mais Kyuuji… Kyuuji Atagi…

Eavan regarda son époux et lui prit la main, la serrant tendrement pour le rassurer, Ean posé sur son épaule également. Ogai s’étrangla un peu, toussa et dévisagea son interlocuteur.

— Atagi… comme les Atagi ?

Kyuuji, gardant les yeux baissés, serrait doucement les doigts de son épouse et opina. La jeune femme, voyant son époux ne pas réussir à formuler de réponse, prit son relais.

— Vous aviez raison sur un point, Monsieur Mori. Le nom de Atagi est loin d’être courant.

— Mais vous êtes mort ?!

La gorge nouée, le Raen secoua la tête.

— Seulement pour Garlemald… Je me terre en Eorzéa depuis plusieurs année…

Les yeux d’Ogai s’écarquillèrent un peu plus, puis il s’affaissa légèrement en comprenant la situation. Il s’enfonça dans le canapé et se frotta le menton en réfléchissant.

— Hum… alors vous êtes voujours l’héritier… Ah bah pardonnez mon langage, mon sei-…

Kyuuji sursauta et l’interrompit en levant une main tremblante.

— Non ! Non… pas de ça, par pitié. Je ne suis plus personne, surtout pas l’héritier du clan…

Eavan regarda son époux, serrant doucement sa main avant de reporter son attention sur Ogai, sur le point de protester.

— Navrée de vous avoir caché la vérité dès notre première entrevue. Mais c’était une situation plutôt… délicate.

Kyuuji ferma douloureusement les yeux, culpabilisant déjà pour ce mensonge qu’il honnissait tellement.

— C’est de ma faute… C’était nécessaire…

Le garde se redressa et s’accouda sur ses genoux.

— Je comdrend pas… Pourquoi vous faire tasser pour mort ?

Kyuuji cherchait un peu de courage dans le regard de sa douce épouse, puis se lança, sans parvenir toutefois à regarder Ogai dans les yeux.

— Il est arrivé quelque chose, ma sécurité n’était plus garantie au sein de l’armée, il fallait que je parte… Mais tout le village était pris en otage, depuis le… rapt… Je ne pouvais pas prendre de risque… Alors nous avons démanteler notre unité et avons fui, pour la majorité d’entre nous, le plus loin possible… Puis… J’ai été retrouvé… Il m’a… fallut négocier ma liberté… Me faire passer pour mort… était un gage de sécurité pour tout le monde…

Le garde écoutait, un peu dépité. Puis il fronça les sourcils et acquiesce.

— Je peux pas trop juger, c’est pas à moi de le faire. Mais que vous le bouliez ou non, vous restez quand même l’héritier du clan.

Kyuuji serra les dents et détourna le regard, se renfrognant un peu.

— Je ne compte pas prendre la succession…

— Ca, c’est pas à vous d’en décider.

Le ton employé par Ogai était intransigeant. Eavan plissa des yeux en le regardant, se retenant visiblement d’exprimer le fond de sa pensée. Kyuuji relèva ensuite les yeux vers le garde, les sourcils froncé pour le sonder. Il était évident qu’il était attaché aux traditions du clan.

— Que comptez-vous faire, Ogai ?

Le garde se redressa et croisa les bras sur sa poitrine.

— C’est pas à moi d’en décider. Vous êtes léquitimement le successeur, vous avez donc ma loyauté… Jusqu’à ce que le Seigneur décide ce qu’il en est de vous.

Eavan prit son inspiration et osa prendre la parole.

— Quand bien même il est l’héritier de son clan, sa vie durant ses dernières années est à prendre en compte. Il ne peut pas tout rayer ni effacer comme ça sur le bon vouloir de son père.

Ogai planta son regard dans celui d’Eavan, elle put y lire son incompréhension.

— Heu… Raison de plus, si…

Puis il s’adressa à Kyuuji.

— Vous irez mettre ça au clair avec lui, j’espère ?

Déglutissant difficilement, le Raen opina en silence. Ogai se détendit légèrement.

— Bon… ça me suvit pour vous obéir…

Eavan grimaça légèrement et se tourna vers son époux, esquissant un léger et tendre sourire réconfortant.

— Obéir… J’ai du mal à t’imaginer avec des hommes sous tes ordres…

Kyuuji se renfrogna en grognant légèrement et détourna le regard.

— Je ne commande à personne…

Ogai semblait sur le point d’intervenir, mais s’abstint et haussa les épaules. Il n’avait pas besoin qu’on lui dicte sa conduite pour savoir ce qu’il avait à faire. La hyuroise serra la main de son époux, caressant son dos du pouce avant de reporter son attention sur Ogai.

— Navré de la pagaille que cela vient causer.

Le garde haussa les épaules, un peu plus détendu.

— Bah… Je vuppose qu’il fallait mieux l’apprendre maintenant que plus tard.

Eavan opina doucement.

— C’est certain. D’ailleurs… Je comprendrais si vous préférez m’appeller Gaëlle plutôt que Madame Atagi.

Ogai plissa les yeux, se frottant le menton. Il pèsait vraiment la question et tout ce que cela impliquait. Après une longue minute de silence, il haussa encore les épaules.

— Vous êtes mariés… Je peux pas remettre ça en cause…

Kyuuji écarta le sujet d’un vague gestion de la main.

— Ogai, j’aurai quelques questions… maintenant que la situation est plus clair. Concernant le village. Nous allons préparer les opérations avec les hommes que nous avons trouvé.

Le garde arqua un sourcils puis acquiesça.

— Tout ce que vous voudrez, mon sei…

Kyuuji l’interrompit de nouveau en levant la main entre eux deux.

— Pas de ça… Altan et Arei ont fait un peu de surveillance, mais je doute qu’ils aient pu s’approcher suffisamment du village. Est-ce que vous auriez un plan sur lequel nous pourrons nous appuyer ? Je suis parti depuis trop longtemps pour que mes souvenirs soient fiables.

Ogai plissait de nouveau les yeux et interpella Chikiko, lui demandant un papier et une plume.

— J’en ai pas, mais je peux vous en dessiner un.

— Ce sera suffisant.

Une fois le papier et plume en sa possession, Ogai s’attèla à dessiner le plan du village. Terriblement simpliste et grossier. Il représentait le temple et quelques bâtiments ainsi que les axes principaux. Voyant la qualité de son schémas, Kyuuji grimaçait légèrement, mais ils devraient faire avec ses souvenirs pour compléter, et peut-être la description d’Altan ou Arei.


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