Arek Qor, les prémices d’une séparation

Cela faisait des lunes que Kyuuji n’avait pas eu de nouvelles concernant la séparation de Arek d’avec son autre personnalité. Il savait seulement que Iris, la sœur jumelle de Arek avait pris contact avec Edenai, mais il ne savait pas comment cette rencontre avait tournée ou si elle avait pu aboutir à la moindre solution. Bien sûre, Kyuuji n’oubliait pas ce sujet ni même son ami, il était fort occupé et n’avait jamais eu à cœur de se mêler lui-même des affaires des autres. Cette fois pourtant, il était peiné que ni Arek ni Iris ne le tienne au courant. Il se réconfortait en se disant qu’ils n’avaient pas besoin de lui, que le problème devait avancer, sinon il en aurait certainement entendu parler.

Alors qu’il n’espérait plus avoir de nouvelles, Iris appela Kyuuji sur la perle, annonçant que Arek voulait lui parler. Surpris et légèrement inquiet, le Raen se rendit dans la chambre de son ami. Les deux Qor lui expliquèrent alors leur plan pour opérer à l’extraction de la double personnalité de Arek. Cette fois, Kyuuji leur fit poliment part de ses reproches. D’abord, Iris n’avait demandé d’aide à personne pour construire ce dont elle avait besoin. Ensuite, elle prenait des risques en donnant une partie de son éther à son frère pour le soulager.

La solution pour laquelle les Qor avaient optée nécessitait que Arek combatte son double, mais il ne s’en sentait pas capable. Il craignait l’échec et les innombrables conséquences que cela pourrait avoir. Kyuuji lui remonta le moral, lui disant qu’il était un guerrier hors pair, doué d’un grand courage et du sens du devoir. Arek avait réussi des choses que lui seul pouvait, il était sorti vainqueur de combat perdu d’avance, il était toujours à l’affut d’un nouveau défi. Il n’avait qu’à voir ce combat contre lui-même comme un challenge plus grand encore. Les mots du Raen eurent de l’effet, Arek, bien qu’affaibli, avait retrouvé la volonté de se battre. Il ne restait plus qu’à mettre en place le dispositif de sa sœur.

Pour cela, elle avait convié les Songes disposés à aider son frère le lendemain à la Rêverie. Il lui manquait une ressource pour parfaire son système, mais celle-ci se trouvait dans un ancien musée Allagois fortement protégé. Elle avait besoin de quelques compagnons pour la protéger et trouver sa ressource. Les Songes ayant répondu à son appel étaient nombreux, Iris en choisi trois pour l’accompagner, préférant une approche discrète. D’abord Edenai, allagoise et contributrice au projet, sa présence était évidente. Ensuite Kyuuji, soigneur et ami d’Arek, il serait apprécié pour cette expédition. Et enfin Prinesca, chef de la Compagnie et ayant fait l’honneur de se déplacer, Iris était curieuse de savoir de quoi elle était capable.

Tous les quatre se rendirent au Continuum Fractal, où Iris avait détecté la présence de la ressource qui lui manquait. Le musée, comme attendu, était gardé par un système de protection actif et activé. Cependant, le groupe de Songes n’eut aucun mal à repousser les défenses du musée jusqu’à arriver dans son cœur. La grande quantité d’éther, formant une barrière impressionnante, donna un mal de crâne incroyable à Kyuuji, offrant une chance à son cristal d’insuffler de nouvelles urgences concernant la griffe de Dalamud.

Une fois la barrière désactivée, la migraine disparut et la machine disposant de la ressource intéressant Iris se révéla. Le combat pour la mettre hors d’état fut un peu plus difficile qu’auparavant, mais rien d’insurmontable. Et la jeune femme récupéra sa ressource, un cristal blanc d’un éther pur.

Retournant à la villa, Iris donna le cristal à Talya pour qu’elle le rende compatible avec le dispositif d’extraction des Qor. Elle aurait besoin de plusieurs soleils pour y parvenir, mais ce n’était pas plus mal, le combat pour Arek s’annonçait rude et il avait besoin de repos pour s’y préparer, maintenant qu’il avait retrouvé l’envie de se battre.

Chasse

Une rumeur circulait parmi les grandes compagnies. Une créature d’origines inconnues avait fait son apparition et semait le chaos. Elle avait déjà mis les hommes de Dayla, Colonel du Maelstrom, en déroute. Dayla cherchait donc des volontaires pour intervenir rapidement et efficacement. Kyuuji avait entendu ces rumeurs et s’était rendu au point de ralliement. La chasse n’était pas son domaine, mais il savait qu’un soigneur était toujours le bienvenue. Et il ne s’était pas trompé, sa présence fut appréciée.

La chasse dut se passer plus ou moins comme les autres, Kyuuji ne savait pas exactement, il n’avait pas vraiment fait attention, son attention avait été détournée par l’état de colère de Asuka, mais surtout par la présence de Gaelle. La jeune femme n’avait recouvré ni ses pouvoirs ni sa mémoire mais elle s’était présentée pour participer à la chasse. Kyuuji fut pris d’une montée d’inquiétude, proche de la panique. Alors elle laissa échapper un filet d’éther qui vint caresser la main du Raen, le contact éthérée se voulait réconfortant et bienveillant. Mais Kyuuji était trop stupéfait pour le comprendre tout de suite, et la chasse était sur le point de débuter.

Ils continuèrent à discuter à voix basses tout le long de la traque, lui exprimant ses inquiétudes. Elle était une Amdapori, mage blanc de l’ancien temps, ses connaissances étaient inestimables, même si pour le moment elles lui étaient inaccessibles. Gaelle essayant de le rassurer, pourtant elle s’inquiétait également pour ses amis, et surtout pour lui. Il comprit que la jeune femme serait prête à se sacrifier pour sa survie. C’était… terriblement angoissant. Kyuuji l’enjoignait de penser à elle avant tout, mais c’était peine perdu. Il ne pouvait que comprendre ses arguments, défendant les mêmes, mais ça n’arrangeait en rien ses angoisses. Le Raen essaya de l’en dissuader un dernière fois avant le combat contre la créature, mais sa supplique se perdit dans la détermination pour lui et la colère pour elle.

Gaelle et Kyuuji, en découvrant que l’objet de la chasse venait du néant, amené sur Eorzéa par un rituel d’invocation puissant, étaient déterminés à remplir leur devoir, l’anéantir, à défaut de pouvoir le renvoyer d’où il venait. Pendant le combat, Kyuuji remarqua que son amie bouillait de ne pouvoir combattre, de ne pouvoir aider, contrainte à regarder et à attendre. Elle était en colère de ne rien pouvoir faire. Elle s’en voulait d’avoir sceller ses pouvoirs. Cette fois, Kyuuji essaya de la calmer et de la rassurer autant qu’il pouvait, mais il combattait aux côtés de ses compagnons et se devait de rester concentré.

Une fois la créature tuée, la tension redescendit. Gaelle réitéra son souhait d’apprendre auprès du Raen et celui-ci réassura sa réponse, il l’aiderait. Elle fit une tentative de manipulation de l’éther, mais s’arrêta, pour une raison ou une autre, Kyuuji n’eut pas le temps de lui demander que son attention était attirée par l’état de Asuka. Celle-ci était sortie et venait de s’effondrer dans la rue. Le Raen soigna une hémorragie interne magiquement, avant de suivre Gaelle qui ramenait Asuka à la villa. Kyuuji était encore une fois gêné par sa phobie, l’empêchant de porter lui-même son amie, mais il était surtout en colère contre elle pour lui avoir cacher sa blessure.

Avant de partir le Raen ressentit une autre caresse éthérique sur son bras, Gaelle le rassurait à sa nouvelle façon, elle prendrait bien soin de leur amie.

Le lendemain, inquiet de son état, Kyuuji retrouva Asuka chez Bertefant. Elle lui annonça être mourante. Maudite à la suite d’une morsure de dragon. La situation lui glissa des mains, il lui fit une leçon sur l’amitié, douloureuse pour lui autant que pour elle, et essaya de comprendre ses motivations. Asuka préférait mourir maudite que vivre sans les atouts que la malédictions lui apportait malgré qu’elle la tuait. C’était simplement incompréhensible pour un prêtre, mage blanc de surcroit, et qui faisait passer la vie d’autrui avant la sienne…

Gaëlle, première leçon

La première leçon d’élémentalisme de Gaëlle était prévue ce soir-là, deux soleils après la chasse. Kyuuji l’attendait au sous sol de la Rêverie, réaménagé en salon après les fêtes. Il y fut rejoint par un tout nouveau membre apparemment, Shellkios. Les deux hommes échangèrent quelques mots sur la compagnie et sur le passé du Miqo’te avant que Gaëlle ne descende à son tour.

Tous les deux se rendirent à la souche de la résurrection, un lieux que Kyuuji appréciait particulièrement pour son calme, son côté isolé et sa spiritualité. Ils s’assirent sur la souche mais avant de commencer la leçon, le Raen revint sur la chasse qui l’avait tant troublé. Il avait été mort d’inquiétude pour Gaëlle, il insista sur le faite qu’elle devait prendre soin d’elle avant les autres. Mais devant les arguments de la jeune femme, ceux-là même qu’il défendait, il ne put se résoudre à la sermonner. Cependant, il se résigna à lui faire promettre une chose. Qu’elle veille à toujours se laisser une chance de s’en sortir, quoi qu’il arrive. Le sens du sacrifice est une valeur noble, mais Kyuuji voulait s’assurer que si elle devait se mettre en danger pour quelqu’un d’autre, qu’elle ne le fasse pas en sachant qu’elle n’y réchapperait pas.

Honteux de cette demande, le Raen avait baisser la tête, un fin filet d’éther vint lui faire relever le menton. Gaëlle, d’une voix très douce et sincère, lui répondit qu’elle le lui promettrait à l’unique condition qu’il lui fasse la même promesse. D’abord surpris par ce nouveau contact éthéré, Kyuuji sentit l’affection qu’elle lui portait, il releva la tête et accepta. Ils se promirent mutuellement de toujours veiller à se laisser une chance de s’en sortir.

Portée par l’émotion, Gaëlle créa un papillon d’éther persistant d’un geste de la main. Elle souffla doucement dessus et celui-ci s’envola vers le Raen. Le papillon effleura alors la commissure de ses lèvres, comme un doux et timide baiser, avant de se poser sur son épaule. Gaëlle, en réalisant son geste, s’en excusa, embarrassée. S’il avait été surpris du premier contact de Gaëlle, ce n’était rien comparé à celui-là.

Un contact éthéré était une chose, un baiser indirecte par un papillon d’éther en était une autre. Se passant un doigt là où le petit papillon l’avait effleuré, Kyuuji réalisa ce qui venait de se passer et rougit comme jamais jusque-là. Puis, la fascination s’empara de lui. L’être éthéré était venu se poser sur son épaule puis sur sa main lorsqu’il l’avait approchée, et ne semblait pas prêt à se dissiper. Non seulement le papillon était persistant mais il était également autonome, il avait sa propre conscience. C’était une bien belle chose que Gaëlle venait de créer là. Mais une autre pensée traversait en même temps l’esprit du Raen. Indirectement certes, mais Gaëlle lui avait clairement transmis ses sentiments et son envie de l’embrasser. Elle y était même parvenue, contournant adroitement sa phobie en le faisant par les voies éthériques. Elle n’était décidément pas comme les autres… Il faudrait qu’elle lui apprenne à faire cela.

À regret, la raison de leur présence à la souche de la résurrection se rappela à Kyuuji, ils avaient une leçon de magie blanche à suivre. Il ramena donc le sujet là-dessus en demandant à Gaëlle de lui apprendre à faire cela a l’occasion puis ils débutèrent avec l’élément vent. La jeune femme, sous les conseils de Kyuuji, devait se réapproprier les sensations de la maîtrise de cet élément. Elle y parvint rapidement, comme se doutait le Raen. En peu de temps elle réussit à lui imprimer sa volonté, forçant le vent à danser comme elle l’entendait.

C’était largement suffisant pour une première leçon alors Gaëlle le remercia, espérant un jour pouvoir lui rendre la pareil. Sur ces mots, Kyuuji évoqua les savoirs certainement perdus depuis la guerre de la magie et les souvenirs contenus dans les cristaux de mage blanc. Outre la perte de certaines connaissances perdues, il était possible que les prédécesseurs aient modifié ou enrichi les souvenirs. Gaëlle lui assura qu’elle lui apprendrai tout ce qu’elle pourrai, une fois sa mémoire revenue. Ce n’était pas ce qu’il voulait dire, il l’enjoignit à le prévenir si elle se sentait en désaccord.

Le sujet dériva de nouveau, Gaëlle craignait le jour où Kyuuji rentrerait en Othard. Il la rassura en lui disant que ce n’était pas possible. Il n’était probablement plus recherché mais il n’y avait plus sa place. Et il préférait garder espoir plutôt que découvrir des horreurs concernant son clan, son village et sa famille. C’était désormais Eorzéa chez lui. Puis la jeune femme évoqua l’une des traditions dont il lui avait déjà parler. Le fait d’épouser la femme que son père aurait choisi pour lui. Gêné, Kyuuji lui expliqua que c’était sa façon de dire qu’il n’avait jamais rêver d’amour et qu’il s’était fait à cette idée. Il lui faudrait certainement du temps pour voir les choses différemment.

Tant qu’ils étaient dans les confessions embarrassantes, le Raen interrogera Gaëlle sur des principes qu’elle avait évoqué sans pouvoir en parler. Elle avait une vision particulière des relations. Différenciant l’amour spirituel et l’amour physique, elle estimait que le premier était la base de tout, platonique mais n’empêchait pas les gestes d’affection. Tandis que l’amour charnel était pour elle complémentaire mais pas une obligation. Il resserre les liens mais peut être pervers et il mérite donc d’être aborder avec prudence. D’autant que Gaëlle accorde beaucoup d’importance à l’amour spirituel et estime ne s’accorder à l’amour charnel qu’avec la conviction d’avoir trouver la bonne personne. Kyuuji n’avait jamais vu les choses sous cet angle mais il y adhérait.

Enfin, les deux amis rentrèrent à la villa, bien tardivement. Alors que Gaëlle retournait dans sa chambre, le papillon d’éther vint à nouveau effleurer la joue du Raen, lui tirant un léger sourire et un peu de rose aux joues.

Gaëlle, deuxième leçon

Cela faisait maintenant quelques soleils que Kyuuji était en permanence suivi par le petit papillon d’éther de Gaëlle. Il s’était accommodé à sa présence et le trouvait même plaisant. Il lui montrait beaucoup d’attention et d’affection. Bien qu’au début, il était surpris à chacune des initiatives du papillon, Kyuuji en venait à les prévoir et à aller les chercher, comme un petit compagnon. Sa présence ne le dérangeait pas, ni ne le gênait, même quand il était occupé, car il faisait preuve de beaucoup de prévenance. Kyuuji voyait un peu Gaëlle à travers lui. Un sourire se dessina sur ses lèvres à cette pensée. Cela lui rappela aussi qu’ils avaient une leçon de prévu et qu’il n’avait pas eu de nouvelles de Venceslas.

En prévision de la deuxième leçon de Gaëlle, celle qui concernait les sorts de soins, Kyuuji avait demandé à Venceslas de l’avertir s’il avait des blessés légers. Il attendait son appel mais il savait que son ami n’avait pas oublié. Depuis sa promotion au sein de l’ordre des deux vipères, l’homme était débordé, il n’avait pas encore pris le rythme de son nouveau poste mais il n’oublierait pas la demande de Kyuuji. Le Raen décida d’attendre son élève dans le hall de la rêverie, prêt à appeler Gaëlle par la perle sil avait des nouvelles de Venceslas. Ce ne fut pas le cas avant que la jeune femme n’arrive.

Après quelques minutes d’attentes dans le jardin en compagnie de Shun et Asuka, l’officier de l’ordre appela Kyuuji pour le prévenir qu’il avait trouvé quelques blessés dont la gravité permettait d’attendre son arrivée et celle de son élève. Alors les deux amis se rendirent à l’est de l’entrée du caveau de Tam-tara dans la forêt centrale. Ils y trouvèrent Venceslas, ravi de voir le Raen, et trois autres gardes de l’ordre. L’un d’eux présentait une méchante entaille au bras et une foulure à la cheville. Les premiers soins avaient été promptement apportés et ils attendaient patiemment leur guérisseur.

Il fallut quelques vaines tentatives avant que Gaëlle n’arrive à soigner correctement l’homme, mais elle s’en sortit rapidement très bien. Bientôt elle voulu s’occuper d’autres pour s’entraîner encore un peu. Le lieutenant des deux vipères leur dit qu’ils avaient effectivement trois gardes blessés qui avaient été emmenés au Ranch de Brancharquée pour y être soigner. A la demande de la jeune femme, ils s’y rendirent tous.

Un des hommes de l’Ordre était inconscient et entre les mains de médecins et élémentalistes, Gaëlle s’intéressa donc aux deux autres. Le premier avait des côtes fêlées et de très vilaines entailles sur tout le flanc. La seconde avait dû avoir l’épaule démise avant d’être encore plus abimée. L’élève de Kyuuji s’en occupa magiquement, sous les yeux de tous les curieux qui s’amassaient autour de la tente des blessés. Gaëlle dépensa plus d’énergie que son corps, sortie de statue depuis moins de trois lunes, ne pouvait le supporté. Elle était épuisée alors que les curieux appelaient à son aide pour guérir leurs proches malades. Mais ce n’était pas le rôle des mages blancs de s’occuper de tous ainsi. La magie était un emprunt à la nature et elle devait pouvoir le rendre. Trop emprunter sans rembourser pouvait avoir des conséquences dramatiques. Et elle n’était plus en état. Le cœur lourd, ils rentrèrent à la villa.

Ils s’installèrent au sous-sol pour se détendre un peu quand Asuka les rejoint. La discussion se tendit rapidement, le Raen et Gaëlle étant en désaccord avec Asuka. Énervée et épuisée, la jeune femme passa le verre qu’elle tenait se coupant la main. Kyuuji la soigna rapidement avant qu’elle n’aille se reposer.

Ean

Durant la nuit suivante, le petit papillon éthéré montra des signes de faiblesse, alors Kyuuji essaya de le soigner de l’apaiser et de le réconforter. Le lendemain, il en discuta avec Gaëlle, alors qu’il prenait de ses nouvelles. S’inquiétant de leur liens si particulier, ils en vinrent à donner un nom au papillon, Ean. Puis le sujet dériva, comme cela devenait une habitude entre eux deux. Gaëlle lui dit ces mots que Kyuuji n’avait lu que dans son carnet. Elle l’aimait. Ce à quoi il répondit qu’il se sentait comme prenant un chemin qui lui était inconnu. Gaëlle, rougissant, dit alors quelle aimerait être celle qui l’accompagnerait dans cet inconnu, son guide à ses côtés. Cela pourrait fonctionner entre eux. Elle et lui étaient similaires sur beaucoup de choses, leurs approches souvent identiques. Ils étaient vraiment sur la même longueur d’onde. Et cela plaisait à Kyuuji qui se surpris à se projeter avec elle à ses côtés. Mais il y avait sa phobie, un frein implacable.

En abordant ce sujet, ils évoquèrent également le sceau de souvenir du Raen. Venceslas, et désormais Eve et Bertefant, pensaient qu’il n’était pas innocent dans cette phobie. Gaëlle voulu voir par elle-même ce qu’il en retournait mais le procédé était douloureux et elle se refusait à lui faire endurer cela. Pourtant Kyuuji était prêt à subir la douleur s’il pouvait enfin avoir la certitude que le sceau était responsable de sa peur panique des femmes ou pas. A contrecœur, la Hyure accepta et forma un main d’éther pour forcer légèrement le sceau. Le forcer juste assez pour voir ce qu’il contenait sans pour autant le briser. La douleur était immense, une douleur dans l’âme, non pas physique, pour la supporter Kyuuji se plongea dans une profonde méditation et il ne vit rien de ce que Gaëlle découvrit en forçant le sceau. La jeune femme le lui révéla cependant une fois l’opération terminée. Ils craignaient le pire…

En quittant la chambre de Gaëlle, le Raen l’entendit pleurer de l’autre côté de la porte. Par le père, ce que c’était douloureux de l’entendre ainsi et de ne rien pouvoir faire. Ce que c’était douloureux de savoir qu’il n’était pas inconnu dans la souffrance de la jeune femme. Ce que c’était douloureux de ne pouvoir lui donner une réponse claire…

Rétrospection

Cela faisait bien une Lune que Kyuuji se posait de nombreuses questions qui ne lui étaient pas habituelles. Depuis qu’il avait découvert les sentiments de Gaëlle à son égard par le biais de son journal.

Tous deux ne se connaissaient que depuis deux Lunes environs, mais ils s’étaient étonnamment rapprochés, leurs ressemblances mises en évidence. Entre les enseignement que Kyuuji prodiguait à Gaëlle, les travaux qu’ils menaient ensembles pour Bertefant ou simplement leurs innombrables conversations, les deux jeunes gens s’étaient ouverts l’un à l’autre et se faisaient confiance. Mais surtout, ils appréciaient de plus en plus le temps passé ensembles. Kyuuji s’était même surpris plus d’une fois à chercher la compagnie de Gaëlle. Ce n’était pourtant pas dans ses habitudes, mais il n’avait pas peur de frapper à sa porte ni qu’elle lui reste fermée.

Le Raen se sentait bien, à l’aise et en confiance auprès de l’Amdapori. Il savait qu’elle ne le jugeait pas, qu’elle l’acceptait tel qu’il était, avec tous ses travers et ses défauts. Et c’était réciproque. Gaëlle était une femme à la mentalité très proche de la sienne, avec qui il avait de nombreuses valeurs et points de vue en communs, à tel point qu’ils réagissaient régulièrement à l’identique. Ils étaient semblables et cela leur permettait de mieux se comprendre. C’était plus facile et plus agréable qu’avec n’importe qui d’autre.

Kyuuji s’était aussi surpris à se projeter aux côtés de la jeune femme. Il n’avait pas été effrayé par cette vision, ni inquiet quant à leur entente. Il préférait l’avoir auprès de lui et pouvoir ainsi veiller sur elle. Le Raen s’inquiétait démesurément pour Gaëlle, mais ce n’était ni gênant ni contraignant. Elle n’était pas comme les autres, il commençait vraiment à en prendre conscience. Elle avait réussi à lui ouvrir l’esprit sur des choses qu’il se refusait depuis toujours, et ce, sans l’effrayer.

Il ne la voyait d’ailleurs pas comme les autres. Ceux que Kyuuji connaissait d’avant sa cécité, il se remémorait leur image dans son esprit quand il les croisait. Mais pas avec Gaëlle. Il l’avait bien entraperçue lors de l’autopsie pour Bertefant, mais ce n’était pas cette image qu’il gardait d’elle. Le Raen la visualisait un peu plus à la manière de l’aveugle qu’il était, par ses émotions, son éther, sa voix ou son odeur. Il n’était pas sûr de la reconnaître immédiatement quand il recouvrirait la vue, ni même de la retrouver dans une foule, et cela aussi l’inquiétait.

Tout cela faisait beaucoup de nouvelles choses à penser pour le prêtre. Tout un pan de ses réflexions était bousculé. Il avait l’impression d’avancer dans l’inconnu, sur un chemin qui lui était étranger. Quand il en avait fait part à Gaëlle, elle lui avait avoué souhaiter être son guide, à ses côtés, pour parcourir ce chemin. Kyuuji se disait qu’elle serait la personne parfaite pour cela. Il en était venu à le désirer. D’autant qu’il était bien loin de ses obligations envers son clan, son temple et sa famille. Bien sûre, il ne reniait pas ses traditions, ni ce qu’il était, mais il n’avait plus à respecter ce que seul l’héritier du clan avait à respecter. Kyuuji réalisait enfin qu’il avait aussi le droit de tracer son chemin, ici, en Eorzéa, comme il l’entendait. Et cela aussi, il le désirait.

Alors ce jour-là, quand Gaëlle était venue pour discuter de son sceau, après avoir interroger Venceslas à ce sujet, et que la conversation avait naturellement déviée, Kyuuji lui apporta la réponse qu’elle attendait depuis une Lune. Il souhaitait l’avoir à ses côtés, qu’elle le guide dans cet inconnu. Et Gaëlle accepta, soulagée et terriblement heureuse, ravie de la tournure que prenaient les évènements.

Les deux jeunes gens se mirent cependant d’accord sur le fait de rester discrets sur leur relation, estimant que leur vie privée ne regardait qu’eux. Et la tension qui s’était installée depuis disparue enfin, laissant la place à un bonheur commun naissant. Agréable. Plaisant.

Gaëlle, troisième leçon

L’allégresse durait depuis la veille, Gaëlle et Kyuuji s’étaient quitter bien tardivement et à regret. Mais ils se retrouvèrent tôt ce matin-là. La jeune femme rendit visite à Kyuuji, prétextant qu’elle passait par hasard à l’autre bout du couloir. Ce n’était qu’une excuses et ils le savaient tous les deux. Ils avaient seulement envie de passer du temps ensembles.

Gaëlle proposa de poursuivre ses leçons avec l’élément terre. Les deux, simplement heureux du présent, se rendirent à la Pierre aux Nénuphars, un des rares endroits en Sombrelinceul où la végétation était naturellement moins présente. Il s’agissait dune digue rocheuse parfaite pour le thème de la leçon.

Kyuuji commença le cours, comme l’habitude lui venait, par lui parler de cet élément. Puis Gaëlle essaya de la manipuler. Elle révéla alors une incroyable facilité et un don certain, en créant un petit golem inanimé de terre. Le Raen pensa que c’était lié à ses origines et en hypothèse se confirma quand il examina les sceaux de l’Amdapori. Elle avait inconsciemment activé des défenses en essayant d’insuffler son éther dans sa création. Les deux inséparables pensaient que c’était certainement ce qu’elle avait scellé afin de protéger ce pouvoir et ce savoir.

La leçon ainsi écourtée leur laissa beaucoup de temps libre. Refusant de se quitter si tôt, ils inversèrent les rôles pour enseigner à Kyuuji à créer des mains tangibles d’éther. Le Raen n’était pas un aussi bon élève que Gaëlle avec la terre, manipuler son propre éther ne lui était pas familier. Écoutant les conseils et les encouragements de la jeune femme, il réussit cependant à obtenir une main suffisamment tangible pour lui effleurer le bras. Quelle étrange sensation c’était. L’éther au contact de l’éther lui donnait presque l’impression de la toucher directement, mais ce n’était évidement pas pareil. Ce n’était qu’un substitut mais ils feraient avec le temps de lever le sceau de Kyuuji ou au moins d’annuler son effet secondaire.

Après cela, ils rentrèrent se reposer à ma Villa. Enfin, c’était l’objectif mais la soirée fut mouvementée. Les deux inséparables se retrouvèrent rapidement entourés d’autres Songes, dont Yuwa, apparemment toujours éprise de Kyuuji, qui chahuta Gaëlle, la qualifiant de rivale. Sentant la tension et la gêne monter, le Raen intervint pour calmer Yuwa. Ce fut efficace. Mais malgré le changement de sujet et le renouvellement des personnes présentes, la soirée se termina bien mal. Depuis quelques lunes maintenant, le cristal de Kyuuji le rappelait à l’ordre à coup de migraine. Et celle qui s’abattit sur lui a ce moment-là l’incapacita tellement elle fut violente. Il dut quitter précipitamment le salon pour rejoindre sa chambre, ne réussissant pas à supporter la migraine.

Gaëlle, quatrième leçon

S’endormir avec une migraine n’était pas facile mais celle dont souffrit Kyuuji la veille au soir n’était pas naturelle. Il l’avait calmée en promettant à son cristal de s’occuper rapidement de la corruption de la griffe de Dalamud. Cette corruption qui revenait régulièrement. Celle-là même sur laquelle le Raen voulait que ses deux élèves s’entraînent. Enfin, il irait donc la purifier une fois de plus et la corruption reviendrait inlassablement. Ce qu’il fallait surtout, c’était investiguer sur ce phénomène. Kyuuji avait bien une idée sur ce qui se passait mais il ne pourrait rien faire seul. Et cela ferait vraiment un excellent exercice pour Fin et Gaëlle.


Le lendemain matin, Kyuuji eut la surprise de ne pas être seul dans sa chambre en se réveillant. Gaëlle s’était inquiétée face à son départ précipité et l’avait veillé toute la nuit, ne s’assoupissant qu’au petit matin. Le Raen l’invita à se reposer ici, tant elle ne tenait pas sur ses jambes, tandis que lui méditerait, gardant un brin d’attention pour elle.

Méditer et veiller sur quelqu’un en même temps était un exercice difficile, Kyuuji l’apprit à se dépends. Il ne put rendre autant d’éther qu’à son habitude, mais ce n’était pas bien grave, il se rattraperait la prochaine fois. Il ne manquait pas de méditer au quotidien et s’assurait de toujours rendre plus que sa dette.

En début d’après midi, Gaëlle se réveilla. Comme le Raen se doutait qu’elle aurait faim, il lui apporta des fruits et du thé. Ils discutèrent encore un moment dans sa chambre avant de décider de continuer leurs leçons réciproques. La jeune femme n’ayant pas besoin de s’entraîner à la maîtrise de la terre, ils passèrent au dernier élément principal de la magie blanche, l’eau. Ils se rendirent au pieds de la chute d’eau à l’extérieur de la Souche de la Résurrection. Une petite rivière y coulait paisiblement malgré la cascade juste en amont. L’endroit n’était pas le plus beau en lien avec l’eau mais il avait l’avantage de ne pas être trop chargé d’éther.

La leçon, à l’instar de celle sur le vent, se déroula normalement, mise à part une maladresse de Kyuuji qui lui valu d’être généreusement arrosé par son élève. Ces moments de complicité étaient une vraie bénédiction pour le Raen qui avait l’impression de revivre. Comme pour le vent puis la terre, Gaëlle termina par puiser l’éther de l’eau pour en faire un sort. Ce n’était pas de l’apprentissage à part entière, il voyait bien qu’elle maîtrisait déjà tout cela et que ce n’était qu’une question de sensations à retrouver. La leçon terminée, ils se séchèrent, l’Amdapori changea de tunique tellement elle était trempée et ils inversèrent les rôles. Cette fois, la jeune femme essaya d’apprendre à Kyuuji à créer de l’éther persistant. C’était pour l’instant au-dessus de ses capacités, mais il s’entrainerait.

Inséparables, ils décidèrent ensuite de se promener aux abords des ruines du château d’Amdapor. Gaëlle espérait recouvrer quelques souvenirs grâce à son empathie. C’était malheureusement peine perdue. Le sceau était encore très forts. Profitant malgré tout du cadre et de l’intimité, ils discutèrent, se rapprochèrent, s’ouvrirent l’un à l’autre encore un peu plus. Un doux moment. Des barrières s’abaissèrent et ils se confièrent leurs craintes mutuelles et réciproques. L’un s’inquiétant pour l’autre. Ils étaient tellement semblables, on aurait dit des âmes miroirs.

Vence, inévitablement

L’auberge de Gridania était, comme à son habitude, bondée. Venceslas y avait donné rendez-vous à Kyuuji. Depuis que Gaëlle l’avait interrogé sur le sceau du Raen, il n’arrêtait pas de lui poser des questions sur elle par la perle qu’ils partageaient. Ne pouvant plus repousser cette discussion inévitable, Kyuuji avait fini par accepter de le voir ce jour-là. Il s’était préparé à l’interrogatoire en bonne et due forme qui l’attendait, mais il se sentait tout de même tendu.

En entrant, le Raen repéra rapidement son ami d’enfance, il lui faisait des grands signes, mais, aveugle, il le reconnu à son éther, puis le rejoignit.

— Bonjour Kyu !

Rien qu’au son de sa voix, le prêtre devinait le grand sourire qu’il arborait. Il secoua la tête, amusé, en s’asseyant en face de lui.

— Et bien, je crois que je vais être cuisiné à point…

Venceslas rit, ou plutôt gloussa. Cela faisait longtemps que Kyuuji ne l’avait pas entendu glousser ainsi. Le Hyurois ne s’amusait pas vraiment à ses dépens, il était simplement heureux. Ce petit gloussement en était bien la preuve. Cette pensée réchauffa un peu plus le cœur du Raen. Son ami laissa un instant planer le doute, puis il reprit d’un ton léger.

— Tu te doutes bien que j’allais pas laisser une telle chance me glisser entre les doigts, hein.

Cette fois, ce fut au tour de Kyuuji de pouffer.

— Bien sûre que non. Allez, je t’écoute…

Malicieux, Venceslas s’avança sur sa chaise et s’accouda sur la table, croisant les doigts devant son visage.

— Alors… Qui c’est, cette Gaëlle ?

— Mon élève.

Ce n’était absolument pas un mensonge. Kyuuji était presque amusé de pouvoir répondre ainsi. Mais Venceslas n’était pas dupe. Au contraire, il était malin et perspicace.

— Oui, oui, ça, je sais. Mais encore ?

— Je tiens énormément à elle.

Il n’en fallut pas plus pour que le Hyurois comprenne. Il se départit de son aire malicieux pour arborer des traits plus sérieux, presque inquiet et méfiant.

— C’est bien ce que je me disais. Elle n’est pas la première à me poser des questions sur ta phobie. Mais c’est bien la première fois que, toi, tu t’y intéresse. Je suis content pour toi…

— Ça n’a pas l’air pourtant.

— Oh si, vraiment, crois-moi. Mais je m’inquiète. Elle m’a confirmé que ta phobie et ton sceau sont liés. Enfin je le savais depuis des années mais j’en avais pas la preuve. J’ai aucune envie de voir le sceau levé, tu sais. Même pour une femme.

Le Raen ne répondit pas, se contentant d’acquiescer d’un mouvement de tête. Avec un soupire, Vencelas retrouva de son entrain et de sa bonne humeur.

— Comment tu la trouves ? Elle m’a paru sincère et honnête…

— Elle l’est. Nous sommes vraiment… très semblables.

— Semblables ?

Opinant, Kyuuji chercha ses mots pour exprimer son ressenti.

— Nous sommes… comment dire… Nous nous entendons vraiment bien. Nous réagissons de la même manière. Nous avons les mêmes avis, les mêmes points de vus…

Le Raen rougissait au fur et à mesure qu’il parlait tandis que Venceslas souriait affectueusement.

— Vous êtes sur la même longueur d’onde, quoi.

— C’est ça…

Le Hyurois gloussa en se rasseyant normalement, laissant ses mains sur la table.

— Vous en êtes où, tous les deux ?

— Comment ça ?

Un sourire malin et un nouveau gloussement laissaient entendre combien l’homme s’amusait, heureux dans ce moment de fraternité retrouvée.

— Oh allez, tu sais bien ! Vous êtes encore qu’amis ou… un peu plus ?

Ne souhaitant pas vraiment répondre à cette question, Kyuuji grimaça légèrement et resta silencieux. Mais cela apprit à Venceslas tout ce qu’il voulait savoir. Il savait parfaitement interpréter les silences de son frère. Il sourit de nouveau, à la fois affectueusement et malicieusement.

— Ah ! Et on me dit rien, hein… Je vais me vexer.

Le Raen couvrit son visage rougissant d’une main, toujours silencieux.

— Depuis quand ?

Dans un souffle, presque un murmure, Kyuuji répondit enfin à une question.

— Depuis le vingt-sixième soleil de la première Lune Astrale.

Durant un instant, Kyuuji n’entendit que le silence, ne voyant pas la surprise se dessiner sur les traits de son ami. Venceslas mit quelques seconde à réaliser que cela datait du lendemain de la visite de Gaëlle. C’était vraiment tout récent. Sans le vouloir, il avait commencé à embêter Kyuuji le jour où cela s’était fait. L’ironie et le hasard de la situation lui en firent perdre ses mots. C’était bien rare.

— Félicitations Kyu.

Le ton sincère, affectueux et juste d’émotions rappela à nouveau à Kyuuji cette époque où le quotidien rimait avec quiétude et insouciance. Cette époque révolue. Nostalgique, le Raen sourit doucement.

— Merci Vence. Ça me touche que tu l’approuves.

Retrouvant ses esprits, le Hyurois se para d’un sourire affectueux, sincère.

— Elle est intéressante. Elle doit forcément l’être. Et elle doit avoir un petit quelque chose en plus…

Venceslas laissa sa phrase en suspens, s’avançant à nouveau vers Kyuuji qui ouvrait la bouche pour parler. Il l’interrompit en tendant la main vers lui, son index touchant le centre de sa poitrine.

— … Pour qu’elle ait réussi à redonner vie à ce cœur asséché…

Asuka, ulcère

Asuka avait réussi l’exploit de mettre Kyuuji en colère à s’en rendre malade. Elle avait plongée dans la dépression, cela le Raen ne pouvait l’en blâmer, l’ayant vécu lui-même récemment.

Mais il lui avait apporté son conseil alors qu’elle s’était enfuit une première fois après lui avoir ouvertement menti. Kyuuji était passé outre le mensonge, le fait qu’elle n’écoute pas ses conseils, les refuse complètement, et refasse la même erreur, s’enfuyant encore sans prévenir personne, eut cependant raison de sa patience.

Et une fois la porte de la colère ouverte, il est très difficile de la refermée. C’est le problème des personnes rancunières.

Mais au fond, le Raen était terriblement peiné. Que pouvait-il faire pour Asuka si elle refusait ses conseils ? Il n’avait certainement pas sa confiance, et elle ne l’écoutait pas pour cette raison. Pourtant elle disait être son amie et avoir confiance. Où mentait-elle ? A quel propos ? C’était ce qui rendait fou de colère Kyuuji, parce qu’il y avait bien mensonge quelque part.

Déchiré entre la colère, la peine et son amitié pour Asuka, Kyuuji ne sut trouver les mots pour l’aider. Au contraire, sa présence devenait source de souffrance. Il n’avait aucune envie d’empirer son état, il aurait préférer disparaître plutôt que de l’enfoncer. Mais il y avait Gaëlle à ses côtés, lui tenant la main éthériquement, essayant de l’apaiser. Elle devait vraiment prendre sur elle pour supporter la colère, la peine, la souffrance et le désespoir qui se côtoyaient ici.

Petit à petit, pour le bien de ses deux amies, Kyuuji tut sa colère, l’enfermant au fond de lui. Mais elle était encore là, couvant sagement, se nourrissant de chaque petite incohérence, de chaque bribe de mensonge, de chaque manque de confiance. N’écoutant que d’une oreille inattentive, le Raen ruminait une seule question. Que pouvait-il faire sans rompre avec ses principes si Asuka n’acceptait pas les conseils ?

Ils auraient beau s’évertué à lui enjoindre de rester auprès de ses amis ou de sa famille, de se confier, elle n’en ferait rien. Que pouvaient-il faire pour aider quelqu’un qui refusait toute aide ?

Revenant à la réalité, Kyuuji remarqua que Gaëlle avait sut trouver les mots, Asuka reprenait pieds. Ou bien était-ce parce qu’il s’était tu, lui ?

Qu’importait qui apportait le réconfort tant que c’était pour le bien de la jeune femme. Le Raen eut encore plus envie de disparaître, mais la main éthérée de Gaëlle l’en dissuadait doucement, tendrement. Et il se replongea dans ses pensées.

Il avait dit des choses horribles sous le coup de la colère. Et Asuka n’en avait certainement pas compris les raisons. Il n’était pas question d’aborder cela de nouveau tant quelle était dans son état, mais il le faudrait bien un jour. Pour le bien de leur amitié.