Attente

En 2E 578, l’éruption des âmes bouleversa le cours de l’histoire. Ce phénomène étaient dû à une explosion d’énergie des arcanes, dont les répliques magiques furent ressentis dans tout Tamriel, causant de nombreux morts. D’immenses ancres noires se déployèrent dans le ciel de Nirn, invoquées par Molag Bal qui profita du chaos provoqué par l’éruption pour tenter d’envahir Nirn. Beaucoup sombrèrent dans la folie en voyant les Daedra apparaître en grand nombre. Et les peuples de Tamriel se réunirent pour faire face à cette nouvelle menace, ce fut le début de la Coalescence. Faejine vécu cet évènement dramatique depuis le pensionnat de l’école des officiers de Prime-tenure. A quatorze ans, la Bosmer avait bien changée. Elle n’était plus la petite Elfe espiègle et maligne que sa défunte mère chérissait, avec de petites bosses sur le front révélant de futures cornes qui faisaient la fierté de son père. Maintenant, elle ressemblait d’avantage à une jeune femme, tout en courbes et au regard dure. Ses cornes avaient bien poussée, déjà longues de quelques six ou sept centimètres, et venaient accentuer son attitude déterminée et sévère. Elle portait désormais une armure de plaque, signe que son diplôme approchait, tout de bleu et doré, les couleurs de la famille royale Altmer. Le prince Naemon était, depuis la disparition de sa sœur et héritière Ayreen, destiné à monter sur le trône au décès de son père. Le roi se portait mal depuis plusieurs années mais son état empira brusquement avec l’éruption des âmes. La dernière promotion d’officiers fut diplômée avec quelques mois d’avance, pour leur permettre de rejoindre la Coalescence. Faejine, bien que consciente de la menace que représentait Molag Bal et ses armées, ne put se résoudre à abandonner la haine qu’elle entretenait pour son père depuis cinq ans. Elle profita de ces évènements pour se relancer vers sa vengeance. L’éruption des âmes et le combat contre Molag Bal seraient le cadre parfait pour prouver à son père, Gaenry, qu’il était possible d’obtenir le respect, le rang et la notoriété qu’il désirait tant sans renier ses origines bosmériques, les pratiques, les coutumes de son peuple, ni rompre le Pacte Vert.

L’ambiance, depuis que la Bosmer portait l’armure des prochains diplômés, avait changé à l’école des officiers. Les élèves de sa promotion ne pouvaient plus ignorer ses talents, mais ne montraient plus de jalousie, la menace bien présente resserrait les liens entre les étudiants. De même que les années et les exercices permirent aux élèves de se créer des relations. L’attitude de Faejine ne dérangeait plus, tous s’y habituèrent. Particulièrement un Altmer. Faejine se retrouva souvent en binôme avec lui pour les devoirs et les exercices. Bien qu’elle ne s’ouvrait pas à lui, l’Altmer essayait de passer du temps avec elle en dehors des exercices. Mais, la Bosmer ne lui accordait pas plus d’attention qu’aux autres, il finirait bien par se lasser et elle devait se concentrer sur ses études, se disait-elle.

En 2E 579, les études d’officiers de Faejine touchèrent enfin à leur fin après six ans passés dans le pensionnat. La cérémonie des diplômes aurait lieux dans quelques jours. D’ici là, les élèves en armure avaient quartiers libres. La jeune Bosmer, contre son habitude, fit un tour en ville. Prime-tenure, la capitale des Haut-elfes d’Auridia, lui semblait très différente de lorsqu’elle était enfant. Faejine se rendit compte que durant ses six ans passés à étudier et à ruminer sa haine, de nombreuses choses avaient changé. Malheureusement tout n’avait pas changé pour le mieux. La guerre et la Coalescence mirent à mal beaucoup de monde et de chose en à peine un an. Elle ne regretta pas d’avoir évoluée à la pension sans se préoccuper de l’extérieur. Finalement, la Bosmer décida de se rendre à la caserne, pour s’imprégner de l’ambiance et des lieux qui seraient sûrement bientôt son quotidien. La caserne était en pleine activité, les armées de Molag Bal et les tensions avec les autres alliances étaient palpables d’ici. Faejine appréciait l’ambiance. Tout le monde s’occupait et savait exactement ce qu’il devait faire, tout avait une place. Pas de bavardage inintéressant, pas de messes basses, pas de regard en biais bien que quelques regards curieux. Ici, même ses cornes semblaient à leur place.
Faejine visitait la caserne, lentement, prenant le temps de regarder et de s’imprégner de l’ambiance, l’après midi commençait à peine. Elle croisa quelques personnes qu’elle connaissait et elle en regarda s’entraîner. Le temps passait lentement quand elle n’avait rien à étudier, alors elle décida de rendre visite aux Rôdeurs de Voileronce. Arrivée à l’extérieur de la caserne, elle s’arrêta, réalisant qu’elle pourrait croiser Gaenry avec les rôdeurs. Soupirant, la Bosmer se dirigea finalement vers la taverne, elle espérait y trouver une moyen de passer le reste de la journée, et trouver une occupation pour les deux prochains jours, jusqu’à la cérémonie des diplômes. La taverne se situait près du port, l’air iodé et les embruns lui donnèrent le tournis. Les forêts du Val-boisé lui parurent bien loin. Elle n’avait que peu de souvenir de sa vie là-bas, mais sa mère ne tarissait pas de lui décrire ce qu’elle ratait, en étant ici, en Auridia. Elle s’extirpa de ses souvenirs, attirée par la discussion d’un groupe de militaires à côté d’elle. Leur sujet de conversation tournait autour de cette ancre noire, apparue récemment à proximité de l’entrée nord-ouest de la ville. Ils racontaient avoir vu des gens s’y envoler puis des drémoras en descendre. Faejine sut qu’il s’agissait des sacrifices nécessaires à l’invocation des armées de Molag Bal sur Nirn par le biais de l’ancre, mais la suite l’interpella beaucoup plus. Les militaires racontèrent avoir également vu un être écailleux immense, à la tête d’alligator, aux bras aussi épais que leurs cuisses, ses épaules aussi large qu’une maison, qui hurlait et crachait du feu. La description, bien qu’un peu exagérée, correspondait à celle de ses professeurs. Un daedroth était apparu à proximité de Prime-tenure. Le climat actuel se révéla être particulièrement propice à ses projets, les armées du prince daedra serait une bonne épreuve, se dit la Bosmer en rejoignant sa chambre à l’école des officiers.

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